• Père Hervé

Message des évêques de France

Mis à jour : mars 24

Message aux catholiques pour la fête de l’Annonciation du mercredi 25 mars 2020

« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » (Lc 1, 30)


L’Annonciation du Seigneur eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; le salut du monde est conçu ; une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde : « Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion ?

Quand les cloches sonneront, ce mercredi 25 mars, à 19h30, que chaque « disciple » de Jésus, baptisé ou catéchumène, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

Au même moment, chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins. Ce sera un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid-19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

Relayez donc largement ce message autour de vous, par tous les moyens à votre disposition !


Ce même 25 mars, nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à LOURDES, chaque jour à 15h30.

Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) – [1ère dizaine].


Nous confierons à Marie, Mère du Sauveur et notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, « le fruit béni de ses entrailles » (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés – [2ème dizaine].


Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea : « Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse : « Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », comme l’Église nous l’a appris – [3ème dizaine].


Poussés par l’Esprit, nous dirons à Jésus : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ! » (Lc 5, 12) Nous ne savons pas de quelle manière viendra la réponse sinon que, dans peu de jours, nous fêterons la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus, le « premier-né d’une multitude de frères » (Rm 8, 29) qu’il fait entrer dans la vie de Dieu – [4ème dizaine].


Puisque « rien n’est impossible à Dieu », dans la confiance et dans la foi en Dieu notre Père du Ciel, nous le prierons pour nos intentions personnelles ou familiales, pour des intentions particulières qui nous tiennent à cœur – [5ème dizaine].


Mgr d'Ornellas





COVID-19 : Message des évêques de France aux catholiques et à tous nos concitoyens


Paris, le 18 mars 2020

L’ensemble des évêques de France invitent les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort

Archevêque de Reims

Président de la Conférence des évêques de France


Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction.

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes.

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain.

Le mercredi 25 mars, à 19h30

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler des fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun.

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres !



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