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Le Grand et Saint Samedi



Au cœur du Tridium Pascal il se fait aujourd’hui comme un grand silence…. La liturgie de l’Eglise semble retenir sa respiration : Pas d’office particulier, pas d’adoration eucharistique, juste la célébration de la liturgie des heures.


Oui, Jésus est vraiment mort, il n’a pas fait semblant ; et comme le disent nos frères d’Orient : Pendant le Grand et Saint Samedi Saint, l’Église contemple le mystère de l’ensevelissement de son Seigneur, le mystère de sa mort, de son silence, de son repos.


Jésus a voulu aller jusque là en épousant notre condition humaine mortelle et c’est ce que nous confessons à chaque Eucharistie dans le Credo : « Il est mort et a été enseveli ; il est descendu aux enfers ». L’œuvre du salut que réalise notre Sauveur continue mystérieusement de germer dans ce silence du Samedi Saint avant le grand tsunami de vie glorieuse que sera la résurrection. C’est toute l’humanité depuis Adam jusqu’au dernier homme du dernier jour de la création que le Christ vient prendre par la main pour l’emmener vers la vie !


Les Evangiles ne nous disent rien de ce grand Sabbat, mais nous percevons combien le Fils s’est remis totalement entre les mains du Père pour descendre au plus profond de nos impasses, de nos impuissances humaines, de toutes nos formes de morts pour pouvoir les transformer, les transfigurer en force de vie.


Comme une graine enfouie en terre, hâtons-nous donc d’entrer dans le repos de Dieu, dans la confiance et l’attente de l’éclosion de la joie pascale. Nous pouvons pour cela nous tourner vers la figure de Marie, la Mère que Jésus nous a donné au pied de la Croix (Jean 19, 25-27) : Oui, la mort de Jésus a transpercé son cœur de mère comme un glaive, mais pourtant, son espérance en la Bonne Nouvelle de la résurrection est toujours demeurée intacte, inaltérable ! son fils ressuscitera le troisième jour !


Imaginons la mère du sauveur en train de réconforter les saintes femmes et les apôtres désorientés après le scandale du vendredi saint : « faites-Lui confiance, rappelez-vous son enseignement, rappelez-vous l’annonce de sa résurrection ».


Peut-être avec Marie, avec les saintes femmes, pouvons-nous nous assoir près du tombeau du Christ pour entrer dans la tendresse et la douceur du repos de Dieu avec cette belle certitude : de Lui seul vient le salut.


Pour nous aider dans notre méditation paisible nous pouvons relire ce beau passage de l’hymne écrit par le Père Didier RIMAUD et que nous propose la liturgie des heures :

Ne descends pas dans le tombeau,

Oh ! Jésus,

Ne descends-pas dans le tombeau

Qu’ils ont creusé !

Si je ne descends pas dans le tombeau

Comme un froment,

Qui donc fera lever de vos cercueils

Vos corps sans vie ?

Je descendrai dans le tombeau

Pour y dormir. »

Philippe Pinquié


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