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Le don de piété filiale

Entre Pâques et la Pentecôte, nous sommes invités à prier spécialement l’Esprit-Saint, le don de Dieu qui nous est offert pour vivre, avec joie et dans la confiance, notre vie chrétienne, et pour témoigner, malgré les difficultés, des merveilles de Dieu. Pour cela, nous recevons, à la Confirmation, Sacrement qui complète le Baptême et l’Eucharistie, ce qu’on appelle les « dons de l’Esprit-Saint ». Ils sont nécessaires pour faire de nous des chrétiens « accomplis » qui ont tout ce qu’il faut pour mener à bien leur vie de chrétiens et de disciples-missionnaires à la suite des apôtres, dans l’Esprit de Jésus ressuscité. Il en existe 7, un chiffre qui exprime la plénitude. Nous allons les découvrir, jour après jour, tout au long de la semaine. Ces dons de l’Esprit, c’est le prophète Isaïe, en premier, qui les mentionne dans la Bible : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. (Isaïe 11, 1-4a).


6ème don : le Don de Piété filiale


« Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs,

et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! (Galates 4,6)


A travers ce don, nous pouvons découvrir et contempler en Dieu, non pas quelqu’un de lointain et de distant, mais un Père proche de ses enfants, dont le cœur est rempli d’amour et de tendresse. Il devient alors possible d’établir avec Dieu une relation filiale fondée sur la confiance. Dieu est le Père de Jésus-Christ, mais aussi le nôtre. Voilà pourquoi nous pouvons oser l’appeler « Papa », « Notre Père ».


Cette piété filiale à l’égard de Dieu nous conduit alors à développer un sens plus profond de la gratitude et de la louange. Dieu est Dieu, et nous sommes ses enfants bien-aimés en qui il trouve sa joie. Quel bonheur ! Cette paternité de Dieu nous invite alors à renforcer entre nous la fraternité.


« Si le don de piété nous fait grandir dans la relation et la communion avec Dieu et nous pousse à vivre comme ses enfants, en même temps, il nous aide à reverser cet amour aussi sur les autres et à les reconnaître comme nos frères. Et alors, oui, nous sommes mus par des sentiments de pitié - et non de pieuserie ! - à l’égard de celui qui est à côté de nous et de ceux que nous rencontrons tous les jours. Pourquoi est-ce que je dis ‘non de pieuserie’ ? Parce que certains pensent qu’avoir de la piété, c’est fermer les yeux, faire une tête d’image pieuse, faire semblant d’être un saint. Ce n’est pas cela le don de piété. Le don de piété signifie être vraiment capable de se réjouir avec celui qui est dans la joie, de pleurer avec celui qui pleure, d’être proche de celui qui est seul ou angoissé, de corriger celui qui est dans l’erreur, de consoler celui qui est affligé, d’accueillir et de secourir celui qui est dans le besoin. (…) Que l’Esprit-Saint nous donne à tous ce don de piété. (Pape François, Catéchèse, Rome, 28 mai 2014)


Père Gaël Sachet